Stéphane Onnée ¹
¹ Professeur des universités
Laboratoire Vallorem, Université d’Orléans
DOI :
Cet ouvrage collectif propose une cartographie inédite de la sexualité comme fait organisationnel à l’ère après #MeToo. Sans réduire l’objet à la seule lutte contre les violences, il explore les ambivalences du sexuel au travail : signe de vie et de sociabilité (désir, attachements, rencontres), mais aussi matrice de risques (violences, emprise, humiliations, dépendances encore taboues). Sa structure en deux parties sert de fil conducteur à la présente recension : la première examine les transformations de la sexualité introduites par le numérique et l’intelligence artificielle ; la seconde interroge la production de normes internes, l’articulation au droit (vie privée, secret des correspondances, présomption d’innocence) et les usages organisationnels de la cause #MeToo (légitimation, conflits de pouvoir, résistances, instrumentalisation). L’ouvrage, plus analytique que prescriptif, invite à penser une entreprise à la fois vivante et sûre, où la prévention n’efface pas la complexité du vécu sexuel. Le livre invite à tenir ensemble deux évidences : la sexualité est un signe de vie et de sociabilité au travail, et un lieu privilégié d’abus, d’emprise et de dépendances.
This review offers a thematic reading of a collective volume on sexuality as an organizational fact in the post-#MeToo era. Without reducing the object to the sole fight against violence, it explores the ambivalences of sexuality at work: a sign of life and sociability (desire, attachments, encounters), but also a matrix of risks (violence, control, humiliation, addictions that are still taboo). Its two-part structure serves as a common thread for this review: the first examines the transformations of sexuality introduced by digital technology and artificial intelligence; the second questions the production of internal norms, the articulation with the law (privacy, secrecy of correspondence, presumption of innocence) and the organizational uses of the #MeToo cause (legitimation, power conflicts, resistance, instrumentalization). The book, more analytical than prescriptive, invites us to think of an enterprise that is both lively and safe, where prevention does not erase the complexity of the sexual experience. The book invites us to hold together two obvious facts: sexuality is a sign of life and sociability at work, and a privileged place of abuse, control and dependence.
Sexualité au travail ; #MeToo ; Intelligence artificielle ; Libertés individuelles ; Éthique.
Workplace sexuality ; #MeToo ; Artificial intelligence ; Individual freedoms ; Ethics.
Pour citer cet article :
- Par Géneviève Vouillemont
- 25 janvier 2026

