Pierre-Alain Kossadi-Dago ¹
¹ Enseignant – chercheur en Droit public, Université Péléforo Gon Coulibaly Korhogo
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DOI :
Cette étude analyse les politiques de sécurité alimentaire en Côte d'Ivoire face aux défis de la croissance démographique et de la dépendance aux importations. Elle montre que malgré l'existence d'un cadre juridique comme la loi de 1998 sur le foncier rural et la création du CNSAN, la mise en œuvre reste insuffisante. L'agriculture vivrière, qui nourrit la majorité de la population, est marginalisée au profit des cultures d’exportation. Le premier frein identifié est l'insécurité foncière. Moins de 5% des terres rurales sont certifiées, ce qui décourage l'investissement des paysans. Le deuxième frein est le manque de soutien à la production : accès difficile aux intrants, au crédit et à la mécanisation. Les pertes post-récolte sont élevées et les circuits de commercialisation sont dominés par de nombreux intermédiaires. L'absence de système de stockage public rend le pays vulnérable aux chocs et à la spéculation pendant la période de soudure. L’étude propose de montrer comment sécuriser massivement le foncier rural en rendant le certificat foncier gratuit et rapide. Elle recommande une relance agricole par des subventions ciblées aux intrants et un accès au crédit bonifié. Le développement des circuits courts et obligations d’achats locales par les institutions sont essentielles pour garantir des débouchés. La création d’un office national des stocks alimentaires est indispensable pour stabiliser les prix et assurer la résilience. La sécurité alimentaire devient une priorité budgétaire et politique au même titre que le cacao. L'implication des femmes, des jeunes et des collectivités locales est une condition de réussite. La Côte d'Ivoire dispose de tous les atouts naturels pour atteindre l'autosuffisance alimentaire. En définitive, l’article montre comment la souveraineté alimentaire constitue une exigence de développement durable.
This study analyzes food security policies in Côte d’Ivoire in the Context of population growth and heavy reliance on food imports. It reveals that despite an existing legal framework, such as the 1998 rural land law and the creation of the CNSAN, implementation remains weak. Food crop farming, which feeds the majority of the population, is marginalized in favor of export crops. The first obstacle identified is land insecurity. Less than 5% of rural lands are certified, which discourages farmers from investing. The second obstacle is the lack of support for production: limited access to inputs, credit, and mechanization. postharvest losses are high and marketing channels are dominated by numerous middlemen. The absence of a public food storage system makes the country vulnerable to shocks and speculation during the lean season. The study recommends large-scale land tenure security by making the land certificate free and fast to obtain. It proposes an agricultural revival through targeted input subsidies and access to low-interest credit. « Developing short supply chains and mandating local procurement by public institutions are Key to securing market outlets. Establishing & National Food Reserve Agency is essential to stabilize prices and ensure resilience. Food security must become a budgetary and political priority, just like Cocoa. The involvement of Women, Youth, and local communities is a key condition for success. Côte d'Ivoire Hus all the natural assets to achieve food self-sufficiency. Ultimately, food sovereignty is a requirement for social peace and sustainable development.
Sécurité alimentaire ; foncier rural ; agriculture vivrière ; résilience ; souveraineté alimentaire.
Food security; rural land tenure; food crop farming; resilience; food sovereignty.
Pour citer cet article :
- Par Géneviève Vouillemont
- 28 septembre 2026

